Selon un récent sondage ÉducEpargne/Léger réalisé auprès des 18-34 ans au Québec, 50 % des hommes disent avoir un plan de retraite vs 35 % des femmes.

Au Canada, 33 % des personnes non retraitées mentionnent en détenir un*. C’est peu. Mais d’ailleurs, s’agit-il vraiment d’un plan bien structuré ou seulement une vague estimation?

Pour jeter les bases d’un véritable plan, voici cinq étapes à suivre :

1. Déterminez votre coût de vie

La première chose à faire est de calculer le coût de vie. Autrement dit, combien d’argent vous aurez besoin pour vivre à la retraite. Cela dépend du style de vie visé : souhaitez-vous voyager, continuer à travailler à temps partiel, acheter un chalet, etc. Cela dépend aussi du nombre d’années que vous avez encore devant vous pour constituer votre bas de laine.

« Pour avoir une idée approximative de son coût de vie à la retraite, on peut viser l’équivalent de 70 % de son revenu net actuel. Si on souhaite avoir un portrait plus précis, dans ce cas on part de son budget et on retranche les dépenses que l’on n’aura plus à la retraite, comme les cotisations au RRQ, l’épargne, le transport pour aller travailler, etc. », détaille le planificateur financier Simon Houle.

Il faut enlever certaines dettes, comme le remboursement du prêt hypothécaire, si l’on estime avoir terminé de payer celui-ci à la retraite.

Ensuite, on ajoute à ce montant les dépenses engendrées par le style de vie souhaité, par exemple un budget pour les voyages.

« Si l’on n’a pas de budget, c’est le bon moment pour en préparer un! Sinon, on peut également se baser sur ses relevés de cartes de crédit, et on ajoutera à ceux-ci les dépenses manquantes », détaille le planificateur financier.

2. Faites un inventaire de vos sources de revenus

Avec ces informations en main, c’est le moment de faire le point sur vos sources financières à la retraite. Demandez-vous d’où proviendront vos revenus : fonds de pension d’employeur, Sécurité de la vieillesse (SV) du gouvernement fédéral, rente de la Régie de rentes du Québec (RRQ), fonds de pension du secteur public (RREGOP), épargne personnelle (REER, CELI, placements).

Sachez que moins de la moitié des Canadiens non retraités (48 %) bénéficie d’un fonds de pension de son employeur, selon l’étude 2026 sur la retraite réalisée par IG Gestion de patrimoine. Les autres retraités devront se contenter des rentes du gouvernement (RRQ et SV), et de leurs économies.

3. Évaluez votre espérance de vie

Sauf cas exceptionnels, on ne sait pas à l’avance à quel moment on quittera ce monde. Il est donc difficile d’évaluer son espérance de vie, un critère pourtant essentiel pour estimer le montant dont on aura besoin pour vivre confortablement jusqu’à son dernier souffle.

Simon Houle explique que l’Institut de planification financière recommande aux professionnels du domaine de viser un taux de probabilité de survie de 25 %. Attention, cela dépend également de l’âge que vous avez déjà atteint.

À 40 ans, une femme a 25 % de chance de vivre jusqu’à 97 ans et un homme jusqu’à 95 ans. À 55 ans, on passe à 96 et 94 ans respectivement. Consultez les Normes d’hypothèses de projection de l’Institut pour accéder au tableau récapitulatif.

4. Évaluez à quel âge prendre votre retraite

À quel âge voulez-vous prendre votre retraite? 60, 65, 70 ans? L’âge moyen auquel les Québécois demandent leur rente du Régime de rentes du Québec (RRQ) est d’environ 62 ans.

Sachez toutefois que l’âge « normal » de la retraite est de 65 ans. Il est possible de demander la rente du RRQ dès 60 ans, mais la prendre avant 65 ans vous pénalisera financièrement (de 0,5 à 0,6 % en moins par mois d’avance).

Inversement, retarder votre RRQ permet de la bonifier de 0,7 % par mois, pour un maximum de 58,8 % à 72 ans. Pour la SV, patienter après 65 ans augmente la rente de 0,6 % par mois, jusqu’à 36 % au maximum à 70 ans.

Pour en savoir plus, consultez la vidéo de Retraite Québec.

5. Calculez combien épargner par année

Maintenant que vous avez un portrait plus clair de votre situation personnelle, vous êtes en mesure d’évaluer combien d’argent vous aurez besoin pour atteindre vos objectifs financiers à la retraite et calculer les montants à épargner chaque année.

Vous manquez d’argent pour réaliser vos projets? Dans ce cas il faudra vous ajuster en augmentant votre effort d’épargne, en demeurant plus longtemps sur le marché du travail, ou en repoussant vos rentes de retraite (SV et RRQ) de quelques mois ou années.

Notre partenaire, Retraite Québec, l’explique bien dans une vidéo.

Un bon plan est un plan flexible

Votre plan doit s’adapter à votre réalité. Si votre situation évolue, il faudra le mettre à jour en fonction des nouveaux paramètres. Par exemple, si vos revenus ont augmenté, si vous avez fondé une famille, acheté une propriété ou encore perdu votre emploi, cela influera sur votre capacité d’épargne et éventuellement sur vos projets. Un événement inhabituel sur le marché boursier pourrait aussi avoir un impact sur vos avoirs et donc vos projections pour la retraite. Révisez votre plan à chaque changement important, et sur une base annuelle à partir de vos 60 ans.

N’oubliez pas votre plan de décaissement!

Épargner est un bon début, mais il faut aussi prévoir de quelle façon vous retirerez ces fonds pour garder le plus d’argent possible dans vos poches et éviter de survivre à votre épargne. Un sondage ÉducÉpargne réalisé en 2023 auprès des 45 ans et plus indique pourtant que 42 % des répondants ne sont pas réellement familiers avec la notion de plan de décaissement.

Ce plan peut faire une énorme différence et vous permettra d’optimiser vos économies. Il devrait être préparé quelques années ou quelques mois avant la retraite. Pour tous les détails, consultez notre Guide à ce sujet.

Avoir un plan réduira votre stress

Plus de 62 % des personnes ayant une faible littératie vivent de l’anxiété financière, comparativement à 32 % chez celles ayant une meilleure compréhension, selon l’Indice d’anxiété financière 2026 Centraide/Léger.

Or, le plan de retraite constitue un outil essentiel d’aide à la décision et d’atteinte des objectifs, ce qui permettra de réduire votre stress.

« Certaines personnes ont peur de préparer leur plan, mais dès qu’elles ont bâti le leur, elles sont rassurées. Alors, n’attendez plus! », conclut Simon Houle.

Pour de l’aide supplémentaire :

  • Référez-vous à notre Guide sur la planification financière de la retraite.
  • Utilisez les outils de simulation des revenus de retraite de Retraite Québec : SimulR pour avoir un aperçu rapide et SimulRetraite pour obtenir un estimé plus précis avec vos données chiffrées personnalisées.
  • Découvrez le parcours Savoir faire pousser son blé : de la première paie à la retraite de Retraite Québec. Composé de courtes vidéos, il présente l’essentiel pour apprendre à mieux gérer vos finances et à planifier votre retraite, et ce, où que vous en soyez dans votre carrière (début de carrière, mi-carrière, fin de carrière).
  • Consultez un professionnel certifié, notamment un planificateur financier.

*Étude annuelle sur la retraite, sondage réalisé par Pollara Strategic Insights pour le compte d’IG Gestion de patrimoine, janvier 2026.