Si vous estimez que préparer votre retraite consiste à cotiser de temps à autre à vos REER, au gré de votre épargne disponible, détrompez-vous!
Un récent sondage ÉducEpargne/Léger réalisé auprès des 18-34 ans révélait qu’il existe une importante différence entre les hommes et les femmes sur la facilité à épargner. Ainsi, 50 % des hommes et seulement 35 % des femmes estiment qu’il est facile d’épargner, et ce, même si dans les deux cas l’importance accordée à l’épargne est très grande (96 % et 93 %).
Par ailleurs, 61% des hommes sont satisfaits de leur niveau d’épargne comparativement à 45% pour les femmes, et, plus préoccupant encore, 55 % des répondants disaient avoir un plan de retraite pour seulement 37 % des femmes.
Ces résultats font réfléchir, en particulier lorsqu’on sait que les revenus d’épargne des femmes à la retraite sont inférieurs de 27% à ceux des hommes. Elles ont aussi souvent des parcours professionnels atypiques, en raison des interruptions liées à la maternité notamment.
Plusieurs risques planent donc sur la sécurité financière des retraitées, ce qui rend la planification encore plus essentielle.
Voici donc 7 bonnes raisons de ne pas négliger la planification financière de la retraite, en particulier si vous êtes une femme :
- Les femmes vivent plus longtemps
On le sait : statistiquement, l’espérance de vie des femmes est plus élevée que celle des hommes. Et plus on avance en âge, plus on risque de vivre vieux!
En effet, l’espérance de vie à la naissance était de 84,4 ans pour les femmes et 80,9 ans pour les hommes en 2024. Mais lorsqu’on atteint 60 ans, elle grimpe à 89,4 ans et 87,3 ans respectivement.
« L’Institut de planification financière (IPF) recommande d’ailleurs de viser un taux de probabilité de survie de 25%, ce qui prolonge d’autant l’âge à considérer pour planifier sa retraite. Il faudrait donc baser ses calculs sur une espérance de vie de 96 ans pour les femmes, et de 94 ans pour les hommes », explique la planificatrice financière autonome Isabelle Bérard.
- L’inflation réduit le pouvoir d’achat
L’inflation est un autre angle mort à surveiller. « Elle gruge le pouvoir d’achat au fil du temps, mais les gens ne pensent pas toujours à la prendre en considération dans leurs projections », prévient Isabelle Bérard. L’IPF suggère de l’établir à 2,1 %. Cela paraît peu par rapport aux taux très élevés des dernières années, mais il s’agit d’une moyenne étalée sur plusieurs décennies
- La fiscalité pèse lourd
Planifier adéquatement nécessite aussi de tenir compte de la facture fiscale. « Si on a besoin de 60 000 $ net par année pour assurer son coût de vie, il faudra possiblement retirer davantage de son épargne, selon la façon dont les retraits sont effectués », mentionne Isabelle Bérard.
Elle souligne également qu’au-delà d’un certain revenu (95 323 $ en 2026), un impôt de récupération s’appliquera à la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV) versée par le fédéral. Mieux vaut ne pas l’oublier!
- Attention à l’âge auquel demander ses rentes de retraite
Il est possible de réclamer sa rente du Régime de rentes du Québec (RRQ) dès 60 ans. Mais attention, pour chaque mois d’avance sur ses 65 ans – l’âge « normal » de la retraite – la pénalité sera de 0,5 à 0,6 %. Inversement, la repousser permet de la bonifier de 0,7 % par mois, pour un maximum de 58,8 % à 72 ans.
Pour la SV, patienter après 65 ans permet d’obtenir une bonification de 0,6 % par mois, jusqu’à 36 % maximum à l’âge de 70 ans. Une décision qui ne doit donc pas être prise à la légère.
- Des rendements insuffisants
Certaines personnes tendent à surévaluer les rendements de leurs placements. En projetant des rendements 10 à 12 % à long terme par exemple, elles risquent fort d’être déçues à la retraite!
En revanche, les femmes ont souvent tendance à investir de façon très prudente ou avec des rendements battant à peine l’inflation. Cela ne leur permettra pas d’atteindre leurs objectifs de retraite, c’est pourquoi il est essentiel d’être bien accompagné pour choisir les investissements qui correspondent à son profil et à ses besoins.
- Sous-estimer les frais reliés aux soins de santé
Les premières années de la retraite sont souvent consacrées aux projets que l’on a sans cesse repoussés durant sa vie active, comme de longs voyages à l’étranger ou le tour du Québec en VR!
On croit souvent que par la suite, l’âge aidant, les dépenses diminueront progressivement. Isabelle Bérard souligne cependant qu’une santé déclinante peut monopoliser une bonne partie des revenus de retraite, d’où l’importance de ne pas les sous-estimer et de les intégrer à sa planification.
- Décaisser adéquatement ses avoirs
En raison des impacts de la fiscalité, mal planifier le retrait de ses avoirs à la retraite pourrait avoir des conséquences majeures.
Une différence telle que pour deux personnes ayant le même patrimoine, l’une pourrait vivre confortablement jusqu’à la fin de ses jours et même laisser un héritage, alors que l’autre manquera d’argent bien avant son décès.
En conclusion, rappelez-vous que la planification de la retraite est un précieux outil d’aide à la décision et d’atteinte des objectifs.
Un plan robuste, révisé périodiquement et à chaque événement de vie majeur, vous aidera à sécuriser votre retraite.
Bonne planification!