Une séparation, ça bouleverse une vie. Sur le plan émotionnel, bien sûr. Mais aussi sur le plan financier… et souvent plus qu’on le pensait. Dans un contexte où tout coûte plus cher, les répercussions peuvent se faire sentir jusqu’à la retraite. Heureusement, des solutions existent.
Un article signé
Selon une étude réalisée pour ÉducÉpargne et la Chambre de la sécurité financière*, près d’une femme sur trois au Québec n’a pas commencé à planifier sa retraite, faute de revenus suffisants pour épargner, comparativement à un homme sur cinq dans la même situation.
Une réalité qui peut s’aggraver brutalement le jour où une relation se termine.
Quand une relation se termine, on pense rarement aux conséquences financières. Pourtant, elles sont bien réelles. Pour de nombreuses femmes, une séparation entraîne une baisse importante du niveau de vie. Parfois rapidement. Ce n’est pas une question de mauvaise gestion. C’est souvent le résultat de situations accumulées au fil des années, dans la vie de couple.
Pourquoi les femmes sont plus vulnérables après une séparation
Plusieurs raisons expliquent pourquoi une séparation frappe plus fort les femmes sur le plan financier.
Des revenus souvent moins élevés
Dans bien des couples, c’est la femme qui gagne moins. Soit parce qu’elle a réduit ses heures de travail pour s’occuper des enfants. Ou parce qu’elle a mis sa carrière en pause le temps d’un congé de maternité. Ces choix, qui ont été faits pour toute la famille, ont malheureusement un coût financier. Résultat : quand la séparation arrive, elle repart avec moins d’argent, moins d’épargne, et moins de cotisations de retraite.
Moins d’épargne personnelle
Dans un couple, on a tendance à mettre l’argent en commun. C’est naturel. Mais quand la relation se termine, chacun repart avec ce qui lui appartient. Et si l’épargne était surtout au nom du conjoint, la femme peut se retrouver les mains vides.
La situation des conjointes de fait
Au Québec, beaucoup de couples vivent en union libre sans être mariés. Mais peu de gens savent que cela ne donne pas les mêmes droits que le mariage. Si vous êtes conjointe de fait, sachez qu’en cas de séparation, vous n’avez pas automatiquement droit à la moitié des biens ni à une pension alimentaire pour vous-même — même si, depuis 2025, certaines protections sont offertes aux couples non mariés qui ont des enfants. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut consulter un professionnel.
Les coûts qu’on ne voit pas venir
Une séparation coûte cher. Et les dépenses arrivent souvent toutes en même temps, au pire moment. Peu importe que l’on soit un homme ou une femme, redevenir célibataire implique qu’on doit tout assumer seul.
- Les dettes communes
Les dettes accumulées en couple ne disparaissent pas. Si votre nom est sur un contrat (carte de crédit, prêt auto, hypothèque), vous en êtes responsable. Même si c’est votre ex qui a dépensé l’argent.
- Les frais immédiats
Déménagement, nouveau loyer, dépôt, meubles, frais juridiques… Les dépenses s’enchaînent, sans vraiment laisser le temps de souffler.
Vivre seule avec les mêmes dépenses fixes
Avant, deux personnes partageaient le loyer, l’épicerie, les assurances. Maintenant, ces mêmes dépenses reposent sur un seul revenu. Pour beaucoup de femmes, c’est là que les vraies difficultés financières commencent.
Les pièges à éviter dans l’urgence
Dans les premiers mois après une séparation, certaines décisions semblent logiques sur le coup. Elles peuvent pourtant compliquer les choses par la suite.
- Utiliser le crédit pour garder le même niveau de vie
Vous voulez que vos enfants ne manquent de rien. Vous souhaitez garder les mêmes habitudes. C’est tout à fait compréhensible. Mais accumuler des dettes pour y arriver peut rapidement devenir un engrenage difficile à briser.
- Vider votre REER ou vos épargnes
Retirer votre REER pour passer au travers de cette période pénible peut sembler une bonne idée. Mais attention : les retraits sont imposables. Vous pourriez perdre une partie de la somme en impôts… et des années d’épargne difficiles à récupérer. Avant de prendre une décision importante, parlez-en d’abord à un professionnel.
- Attendre que ça se replace tout seul
Plus vous attendez, moins vous aurez d’options. Agir tôt reste toujours la meilleure décision.
Comment reprendre le contrôle
Même quand la situation semble bloquée, des gestes concrets peuvent faire une vraie différence.
- Faites le point sur vos finances : notez ce que vous gagnez, ce que vous dépensez, ce que vous devez. Pas besoin d’être comptable. L’idée, c’est de voir clairement où vous en êtes.
- Revoyez votre budget : votre vie a changé. Votre budget doit changer aussi. Regardez ce qui est essentiel et ce qui peut être réduit. Ce n’est pas facile, mais c’est nécessaire. Le site web de Raymond Chabot offre un outil de calcul gratuit pour vous aider à établir votre budget.
- Demandez de l’aide rapidement : vous avez du mal à joindre les deux bouts ? Vos dettes s’accumulent ? Ne restez pas seule avec ça. Un professionnel peut vous aider à y voir plus clair et à trouver des solutions adaptées à votre réalité.
Reprendre le contrôle, une étape à la fois
Il est courant de rencontrer des difficultés financières après une séparation. Ce qui compte, c’est de ne pas laisser la situation se dégrader.
Pour en savoir plus, consultez : Raymond Chabot | Solutions aux dettes
En bref
Une séparation peut avoir des conséquences financières importantes pour les femmes. Voici ce qu’il faut retenir :
- Les interruptions de carrière et les revenus plus faibles augmentent cette vulnérabilité.
- Les dettes communes et les nouvelles dépenses pèsent lourd sur un seul revenu.
- Certaines décisions prises dans l’urgence peuvent aggraver la situation.
- Faire le point sur ses finances est le premier pas vers une reprise en main.
- Ne tardez pas à demander de l’aide : plus tôt vous agissez, plus vous avez d’options.
* Chambre de la sécurité financière et ÉducÉpargne, en collaboration avec Léger et l’INRS, Planification de l’épargne-retraite : les femmes peinent toujours à combler l’écart avec les hommes au Québec, mars 2024.
https://educepargne.ca/nouvelles/inegalites-financieres-a-la-retraite-les-femmes-plus-vulnerables/
