ÉducÉpargne dévoile aujourd’hui les résultats d’une vaste consultation sur les finances personnelles, qui a permis de brosser un portrait inédit des comportements des Québécois.es sensibilisés à l’épargne. Selon ÉducÉpargne, il s’agit de la plus importante étude jamais réalisée à ce sujet, avec plus de 10 200 répondants.
Une majorité préfère réduire ses dépenses plutôt que changer les habitudes d’épargne
78 % des répondants disent avoir changé au moins un peu leur comportement financier en raison du contexte économique actuel (dont 17 % qui parlent d’un changement important).
L’ajustement s’est fait d’abord en réduisant la consommation (59 %) plutôt qu’en révisant la stratégie d’épargne (31 %), notamment en dépensant plus prudemment et en diminuant les loisirs, sorties et voyages. Et lorsque la stratégie d’épargne a été revue, c’est le plus souvent pour épargner davantage (24 %).
« Voici l’une des meilleures nouvelles de cette étude, car plusieurs pensaient que l’épargne serait la première sacrifiée lors d’une situation économique difficile. Force est de constater que les Québécois.es sont résilients : ils protègent leur épargne en coupant d’abord dans leurs dépenses, sans mettre leur situation financière durable en péril », a déclaré Nathalie Bachand, Pl. Fin., présidente du conseil d’ÉducÉpargne.
Au-delà de ce constat, l’étude montre que le principal défi n’est plus d’amener les gens à épargner davantage, mais de les aider à mieux utiliser leur épargne pour atteindre leurs objectifs et se sentir en sécurité : même si 55 % des répondants jugent leur situation financière confortable, plus d’un sur quatre (26 %) se dit anxieux face à son avenir.
La discipline d’épargne est acquise, la rigueur budgétaire ne l’est pas
Seulement 31 % des répondants disent tenir un budget formel et à peine 46 % connaissent précisément leurs dépenses mensuelles. La majorité gère ses dépenses de façon plus flexible, sans budget ou sans outil ni méthode écrite. Le maillon faible n’est pas la volonté d’épargner puisque 75 % des répondants mettent régulièrement de côté, mais plutôt la gestion courante de l’argent, ce qui constitue un enjeu en matière de constance et d’outillage, pas de connaissance.
L’IA sous-utilisée en finances : la confiance envers l’humain a le dernier mot
On constate que l’IA a un faible taux d’adoption pour un sujet aussi essentiel que les finances, car seulement 35 % des répondants l’ont déjà utilisée dans le contexte des finances personnelles. De plus, elle sert surtout à s’informer en amont et très rarement à trancher. Le lien de confiance avec un humain demeure central au moment de décider.
Que ce soit pour une décision concernant la retraite ou pour les finances en général, le besoin d’être accompagné par un humain et le manque de confiance en l’IA ressortent des résultats de l’étude. Plus d’un répondant sur quatre a contacté un professionnel pour prendre sa dernière décision financière importante, alors que seulement 3 % ont interrogé l’IA. Chez les répondants sans plan de retraite structuré, 78 % pensent se faire accompagner.
Femmes-hommes : un écart de confiance, pas de compétence
À revenu et à âge égal, les femmes de 25 à 39 ans gèrent leur argent aussi bien que les hommes, voire mieux : elles automatisent davantage leur épargne et consultent plus souvent un professionnel. Pourtant, seulement 10 % d’entre elles s’attribuent la meilleure note en connaissances financières, soit trois fois moins que les hommes (32 %). Un tiers seulement se dit tranquille face à son avenir financier, contre plus de la moitié chez les hommes.
De plus, sur la connaissance de leurs propres finances et plus particulièrement de leurs dépenses mensuelles, l’ensemble des femmes interrogées répond plus souvent « approximativement » tandis que les hommes répondent plus souvent « précisément ».
Méthodologie de l’étude
La consultation a fait appel à la technologie de l’entreprise bluenove, qui permet de recueillir l’expression libre des participants à grande échelle et de quantifier le qualitatif. Contrairement au sondage classique, la méthode consiste à collecter des verbatims qui font l’objet d’une analyse sémantique. Ainsi, 10 200 répondants ont pu s’exprimer en rédigeant plus de 125 000 réponses qualitatives, en plus des réponses aux questions fermées. Les répondants ont déjà une certaine sensibilité à l’épargne, sont plus scolarisés et ont des revenus plus élevés que la moyenne du Québec. Les résultats décrivent ce groupe.
Cette étude a été réalisée du 29 avril au 26 juin 2026, en collaboration avec les firmes bluenove et LJD Conseils et avec le soutien du Fonds de solidarité FTQ, de la Sunlife, de l’Autorité des marchés financiers, d’IG Gestion de patrimoine et d’Épargne Placements Québec.
