L’argent fait partie des causes de disputes numéro un dans le couple. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles on hésite souvent à aborder ce sujet. Pourtant, il est essentiel d’en discuter pour assurer une saine gestion financière.
Aujourd’hui, les couples sont davantage conscients de l’importance de parler d’argent, mais ils font encore preuve d’un manque de collaboration concernant la gestion des finances. Autrement dit, chacun s’occupe de ses propres affaires et paye sa part, mais peu de place est faite à un réel travail d’équipe.
À cause de cette approche individualiste, l’un des conjoints pourrait sortir perdant de la vie à deux et il sera aussi plus difficile de bâtir et d’atteindre des projets communs.
Voici quelques conseils pour passer par-dessus les barrières et entamer un véritable dialogue!
Quand en parler?
Selon Véronique Joanis, conférencière, formatrice et auteure d’un ouvrage sur le couple et l’argent, mieux vaut en parler plus tôt que tard. « Idéalement, on en discute avant d’aménager ensemble. Toutefois, les couples ayant des enfants d’une précédente union peuvent passer plusieurs années sans habiter sous le même toit. Cela n’empêche pas qu’ils devraient malgré tout avoir ces conversations, car cela permet d’en apprendre beaucoup sur une personne et sur ses valeurs », constate-t-elle.
En effet, ces discussions sont révélatrices de nos priorités – voyages, achat d’une maison, épargne pour la retraite – et de nos projets et objectifs. Autant de précieuses informations qui nous aideront à déterminer si les visions sont compatibles ou les divergences sont telles que la vie en commun risque d’être houleuse…
Comment lancer la conversation
Parce que l’argent constitue souvent un prétexte pour exprimer des frustrations en lien avec d’autres enjeux – un partage des tâches jugé inéquitable par exemple, ou encore un sentiment d’injustice à propos de la constitution du patrimoine – il est essentiel de mettre en place de bonnes conditions.
« On n’est pas obligé d’en faire un moment pénible! On peut aborder le sujet de façon positive ou avec humour, dans un contexte agréable. L’essentiel est de garder l’esprit ouvert, d’éviter de porter des jugements et que chacun puisse exprimer ses besoins et ses craintes », recommande Véronique Joanis.
Parler des projets communs plutôt que de gestion des finances est aussi bien plus plaisant pour amorcer la conversation. Si le tête-à-tête est trop tendu, pourquoi ne pas opter pour une marche dans un parc? Parler en se tenant côte-à-côte plutôt que face à face, favorise souvent la prise de parole.
Se concentrer sur le Comment
Pour éviter que la conversation dérape et se tourne à la confrontation, Véronique Joanis recommande de se concentrer sur le Comment. « Il faut se demander de quelle façon on réussira à concrétiser les objectifs communs. Ce faisant, on donne la capacité aux deux conjoints de s’exprimer et d’apporter ses idées, au lieu de déclencher des mécanismes de défense », conseille-t-elle.
Comprendre son rapport à l’argent et de quelle façon il peut être relié à notre histoire personnelle aidera aussi à développer de l’empathie financière, ce qui facilitera la conversation autour des sujets plus sensibles.
« Si on a manqué d’argent jeune par exemple, on peut éprouver de la vulnérabilité par rapport aux finances. S’en ouvrir à son conjoint contribuera à une compréhension mutuelle et à la recherche de solutions », poursuit Véronique Joanis.
Trouver sa propre méthode
Chaque couple a une dynamique qui lui est propre, c’est pourquoi il n’est pas possible d’appliquer la même recette à tous. On devrait plutôt se montrer créatif, combiner un partage moitié-moitié pour certaines dépenses – prêt hypothécaire, prêt-auto – et au prorata des revenus pour d’autres (épicerie, loisirs, voyages, etc.). L’essentiel est de trouver ce qui fonctionne pour nous et que l’autonomie financière des deux conjoints soit préservée.
« Viser l’égalité parfaite est illusoire, mieux vaut miser sur une forme d’équité et un niveau de satisfaction global de 80 % », indique Véronique Joanis.
Autre bon truc : préparer son budget annuel individuel afin d’avoir des chiffres en main. Si l’un des conjoints explique qu’à la fin du mois, il ne lui reste plus que 50 $ en poche, cela sera bien plus parlant que de mentionner qu’il n’arrive pas à joindre les deux bouts. Cet argument concret permettra à l’autre de saisir les difficultés et le rendra plus ouvert à la discussion.
Rappelez-vous : l’argent devrait être vu comme un outil pour atteindre ses objectifs et ceux du couple, non pas comme un sujet de discorde!
Pour en savoir plus
- Les finances au féminin d’ÉducÉpargne (le chapitre 4 est dédié à l’argent dans le couple!)
- Les secrets de la psychologie de l’argent… Parlons en! et Couple et argent. Parlons-en!, de Véronique Joanis.
- L’amour et l’argent : guide de survie en 60 questions, de Delphine Lobet et Hélène Belleau.